mardi 25 mai 2010

De la Bolivie au Pérou!!

Nous sommes arrivés de nuit à Potosi, LA ville minière de Bolivie. Et dès notre arrivée nous nous sommes séparés du reste du groupe avec qui nous avions passé les 4 derniers jours de Tupiza jusqu'à Uyuni, car eux préféraient trouver un endroit pour 10boliviens la nuit (1€) à 23h et tout ça à pied avec les sacs. De notre côté on avait surtout besoin de bien dormir et on a préféré y mettre le prix. Une auberge de jeunesse très sympa avec cour intérieure et une charmante fontaine qui trône au milieu, super petit dej et en prime ils s'occupent des visites des mines, ce pour quoi nous sommes là!




Le lendemain matin nous sommes partis assez tôt pour l'excursion dans les mines. Première étape: le marché des mineurs, c'est ici qu'on achète tout ce que l'on va offrir aux mineurs: feuilles de coca, alcool (à 96%, j'ai testé de bon matin et ça arrache!!), clopes... Enfin bref tout ce qui peut leur permettre d'écourter leur espérance de vie, qui n'est déjà en moyenne que de 45 ans!
Les feuilles de coca sont mâchées sur un côté de la bouche, elles sont mises une par une dans la bouche jusqu'à former une boule, on y ajoute du bicarbonate en croquant dans une pierre de bicarbonate afin de mieux en extraire le jus. Le goût est assez particulier, un peu plus fort que le thé. Ce rituel de la feuille de coca est l'unique nourriture du mineur lorsqu'il est dans la mine!
Pour expliquer un peu les conditions de vie des mineurs il faut savoir qu'ils travaillent en coopératives, que chaque mineur choisit quand est-ce qu'il veut venir travailler et le nombre d'heures qu'il souhaite faire. Tous choisissent de travailler une dizaine d'heure par jour, six jours et demi par semaine! Tous savent que leur espérance de vie est limité et de ceux avec qui j'ai pu discuter tous m'ont dit que leurs enfants étudiaient pour qu'ils n'aient pas à être mineurs à leur tour. D'ailleurs bien souvent leurs enfants ne sont même jamais entré dans une mine ne serait-ce que par curiosité ou pour voir les conditions de travail de leurs parents.
Le doyen de la mine à 64 ans, il en paraît quinze de plus et a commencé à travailler à l'âge de 10ans!
Au niveau des salaires, ce n'est pas une surprise, il est bas, mais tout de même plus élevé qu'une personne qui travaille en ville dans un magasin. Il faut savoir que le cours des matières premières est actuellement bas mais qu'en 2007 il a connu une croissance exceptionnelle telle que les mineurs, pour une même quantité de travail (ils sont payés à la tonne) gagnaient plus de 5000$ (contre 400$ actuellement)!. Potosi était même devenu une ville de Hummers (ces énormes 4x4 de ville américains)!
La visite des mines fut très enrichissante du fait de pouvoir partager un moment avec ces travailleurs.




Après la visite nous sommes allés faire péter les bâtons de dynamite que nous avions acheté librement au marché des mineurs pour 20boliviens (2,20€)! On s'est tous fait passer les bâtons allumés (4 ou 6 minutes de mèche) afin de faire des photos mais je faisais nettement moins le malin quand le guide m'a mis le bâton dans la bouche, surtout qu'on ne voit pas l'état de la mèche car protégée d'une gaine plastique!



L'après midi on en a profité pour visiter la ville avant de prendre un bus pour Sucre, ville beaucoup plus moderne, charmante et également chargée d'histoire. Nous avons logé loin du centre dans le HI Sucre et nous ne l'avons pas regretté, chambres spacieuses, toute l'auberge est très propre et classe (marbre et beaux planchers).
Le soir où nous sommes arrivés à Sucre, un défilé de mode avait lieu sur la place principale 25 de Mayo. Et on était bien curieux à l'idée de voir de belles boliviennes car jusqu'ici pas une seule!
Et Sucre est LA rare exception de la Bolivie en matière de filles, cela s'explique par le fait que beaucoup d'étrangers viennent y étudier et il y a ici, comme nulle part ailleurs, un brassage (nécessaire!) de la population.
Nous avons fait la fête jusqu'au petit matin avec des boliviennes où la bouteille de champagne en boîte nous est revenu moins cher qu'une conso en France!
Le lendemain nous avons flâné dans les charmantes ruelles de la ville toutes concentrées autour de la Plaza 25 de Mayo avant de rejoindre La Paz par le biais d'un bus de nuit, 14heures de trajet, mais on a fait pire!


Notre arrivée à La Paz a été marqué par la laideur des constructions en brique rouge tout autour de la ville (à l'image des favelas de Rio). La surprise était telle que j'ai cru que nous étions à Orouro (puisque nous avions deux heures d'avance sur l'heure d'arrivée prévue!) et ce n'est qu'à la vue du panneau "Bienvenidos a La Paz" que j'ai réalisé la situation!


Il nous a fallu tourner une demi heure en taxi pour trouver une bonne auberge a un prix correcte et finalement nous nous sommes réfugiés à l'Onkel Inn (HI) pour 60 boliviens la nuit (6,60€).
Nous avons visité la ville dans l'après midi.


Les différents marchés sont très sympas pour tout ce qui est vêtements et instruments de musique. Nous en avons également profité pour réserver (dans l'agence la moins chère; ce détail à son importance par la suite!) la journée du lendemain à descendre à vélo la "route de la mort" qui reste encore aujourd'hui la plus dangereuse au monde (plus de 100 morts par an, souvent des bus qui finissent dans les quelques 3000m de ravins!). A noter que 20 touristes sont décédés à vélo ces 20 dernières années, la dernière en date, une israélienne, a perdu la vie au mois d'Avril. Trois français et une grande majorité d'Israéliens parmi ces 20 touristes. Le parcours à vélo est une descente de 64km divisée entre 3 parties, la première asphaltée de 22km, la deuxième de 21 où le climat est celui de la forêt amazonienne et la dernière de la même longueur où l'air est sec et très chaud. On commence à 4800m d'altitude et on finit à 1200m. 3600 mètres de dénivelés où l'on en est parfois à frôler les ravins tellement le chemin est étroit!








Malheureusement la météo n'était pas de notre côté, brouillard et pluie ne nous ont pas facilité la descente mais le pire était l'état des vélos! Ma selle a cassé, le dérailleur d'un autre vélo a rendu l'âme...mais c'est aussi ça de vouloir payer le moins possible!.
Plusieurs fois pendant le descente je me suis fait quelques frayeurs dérapant sur les cailloux, à la fin mes freins ne freinaient plus et je ne pouvais plus changer ni plateaux, ni vitesses!
Je peux maintenant le dire je suis un "death road survivor"!

Le lendemain nous avons pris un bus pour Copacabana qui est la porte d'entrée sur le lac Titicaca. Les paysages le long de la route étaient magnifiques, collines avec cultures en terrasse, montagnes enneigées, etc.

Après 4h de bus et 20 min de bateau nous y sommes parvenus. Nous avons choisi l'un des meilleurs hôtels pour profiter au maximum du coucher de soleil sur le lac, et pour 4€ la nuit avec petit déj' on aurait eu tort de s'en priver!






Le lendemain on s'est rendu sur l'île du soleil, notre billet incluait le nord et le sud de l'île mais vu qu'on est descendu trop tôt on s'est retrouvé bloqués sur la partie sud toute la journée alors qu'on voulait surtout aller voir les ruines incas au nord. D'abord en colère de s'être trompé j'ai été soulagé en voyant les photos d'autres touristes qui s'y étaient rendus, car ces "ruines" ressemblent plus à un simple mur de pierres et il semblerait que les habitants rajoutent des pierres pour que le rendu soit plus impressionnant!
A part ça, le lac n'a rien de magnifique en soit mais le panorama du haut de l'île vaut la balade de quelques heures!







Au retour vers Copacabana, on avait la possibilité d'aller sur les îles flottantes, qui sont des plateformes pneumatiques recouvertes de paille, une cabane, un tipi et un table en paille...pathétique, un vrai attrape touristes mais peu sont ceux qui paient les 1peso (10cts €) pour y descendre.



Seul vrai regret de la journée, nous n'avons pu goûter à la perche du lac Titicaca!

Vers 18h30 nous avons quitté la Bolivie pour atteindre le Pérou. Nous sommes arrivés à Arequipa vers 4h du mat', nous avons rapidement trouvé un hôtel dans le centre historique, près de la Plaza da Armas et toutes les villes du Pérou en possèdent une.
On avait décidé de se reposer car depuis que Mick est arrivé on a jamais dormi plus de 6h. Mais c'était sans compter les marteaux piqueurs qui avaient pris possession de notre rue! Nous avons donc pris nos affaires et déménagé pour un autre hôtel plus au calme. J'ai profité de cette halte de quelques jours à Arequipa pour tenter de faire réparer mon appareil photo et pour un péruvien rien n'est impossible, moyennant 150 soles (40€).









Arequipa est une joli ville appelée aussi "ville blanche" car les murs des édifices sont faits en pierre de lave de couleur blanche, ruelles pavées, belles églises et c'est son couvent qui reste la principale attraction (30 soles, 7€ l'entrée, chère mais ça les vaut!) car c'est une véritable ville dans la ville avec ses ruelles, ses places, fontaines. Les rues vont du bleu au rouge en passant par le jaune, le tout très fleuri. On imagine assez bien la vie des religieuses il à encore quelques années de cela. Certainement l'un des plus beaux couvents au monde. A une époque ces religieuses avaient un nombre considérable d'avantages pouvant même obtenir les services de 2 servantes par personne. Chacune avait son propre foyer et ce n'est qu'à la venue du pape Jean Paul II en 1984 que le retour à la vie en communauté a été édictée et que tous ces avantages ont été supprimés.












A Arequipa on ne passait pas inaperçu auprès des Arequipeñas! On avait droit à de grands sourires, des rires timides et à des "¡qué lindo!" (mignon), "¡whaou qué guapo!" (beau). Je me suis même fait ostensiblement draguer par une jolie vendeuse du rayon alcool du supermarché du coin. Mais c'est comme cela que ça marche au Pérou, ce sont les filles qui draguent! Et les mecs ne se retournent jamais dans la rue, contrairement à chez nous ou dans les autres pays d'Amérique Latine comme le Brésil ou l'Argentine!
A Arequipa nous en avons donc essentiellement profité pour visiter, draguer, faire la fête et bien manger (on était en manque de bonnes viandes et on a été plutôt gâtés!)
Après deux jours dans cette ville nous sommes partis faire une excursion sur 1jour et demi au Cañon de Colca.
C'est le deuxième plus haut du monde. Normalement il faut au moins deux jours pour en profiter pleinement, c'est-à-dire prendre le temps de descendre au fond du canyon, dormir en bas et remonter. Faute de temps nous nous sommes limités à deux des trois miradors qui surplombent le canyon. La vue est magnifique et impressionnante mais le fait que la pente soit inclinée (plutôt que verticale) le rend moins impressionnant que le Grand Canyon (j'imagine) qui est pourtant deux fois plus petit!
Les paysages sont magnifiques autour de Cabanaconde, les sols sont cultivés en terrasses, et chaque terrasse abrite une culture différente (maïs multicolores, feuilles de coca, etc).










En revenant de notre balade jusqu'aux miradors nous nous sommes (encore) fait draguer par 4 péruviennes jeunes et moins jeunes (c'est dur la vie de gringos!)
Dans l'après-midi il nous a fallu retourner sur Arequipa, 6h de bus sur des routes défoncées, pour deux raisons:
- car c'est le seul moyen de rejoindre Cuzco plus au nord (porte d'entrée sur le très attendu Machu Picchu!).
- car j'ai laissé mon appareil photo, mais vu qu'on est dimanche il me faudra attendre demain pour le récupérer!
Mais au final ce n'est pas si grave de retourner sur Arequipa car nous avons encore du temps puisqu'on est le 23 mai, qu'il nous reste seulement Cuzco et le Machu Picchu à voir avant d'arriver à Lima pour le week end prochain.

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